Fête de la Science 2018 : rencontres avec les chercheuses et chercheurs de l’USMB… et soirée inédite avec des brebis !

Publié le mar 13 Nov 2018

La Fête de la Science favorise les rencontres et les échanges entre le public et les chercheurs et chercheuses des laboratoires de l’Université Savoie Mont Blanc (USMB) : l’édition 2018 a été fidèle à la tradition, dans un esprit ludique et parfois décalé. Pour l’USMB, cet événement est aussi l’occasion de mieux faire connaître ses axes de recherche ainsi que son rôle auprès de la société.

Comme chaque année, des laboratoires de l’Université Savoie Mont Blanc donnait rendez-vous au public en Savoie et Haute-Savoie dans le cadre d’actions déployées en collaboration avec la Turbine Sciences (Haute-Savoie) et la Galerie Euréka (Savoie). Des ateliers, démonstrations, animations, conférences, portes ouvertes, étaient proposés par 10 laboratoires de l’USMB :

Soirée inaugurale à Annecy : une nuit avec les troupeaux de brebis

Thème national pour cette édition 2018 de la fête de la science : « La science et les idées reçues ». Parmi les sujets qui font débat et véhiculent sans doute beaucoup d’idées reçues en ce moment : la réintroduction et le maintien des loups. Un sujet relevant particulièrement bien de cette thématique annuelle.

À l’occasion de l’ouverture du village des sciences, à la maison de la mécatronique sur le campus universitaire d’Annecy, le laboratoire des Systèmes et Matériaux pour la Mécatronique (SYMME) avait convié l’éthologue Jean-Marc Landry pour une conférence d’ouverture dans les locaux de l’école d’ingénieurs Polytech Annecy-Chambéry, sur ce thème qu’il connait bien : l’étude comportementale des loups et ses interactions avec les troupeaux de brebis. Biologiste diplômé de l’Université de Neuchâtel, spécialiste du loup, le Jurassien Jean-Marc Landry s’est aussi formé à l’institut de recherche Wolf Park dans l’Indiana. Il accumule depuis plusieurs années des observations sur les loups dans le but essentiel de documenter objectivement son sujet d’étude. Son outil de prédilection ? La caméra thermique infrarouge pour observer les interactions des loups avec les troupeaux.

La conférence, ouverte par Pascale Balland, chargée de mission culture scientifique à l’Université Savoie Mont Blanc, a permis aux participantes et participants d’appréhender ce moyen d’observation en découvrant des images captées au même moment depuis la commune de Lus-la-Croix-Haute. Avec le concours du laboratoire SYMME, des moyens techniques avaient été mis en œuvre et coordonnés pour assurer la retransmission en direct depuis les alpages. Les participantes et participants ont ainsi observé, lors de cette soirée, la vie nocturne de l’alpage tout en bénéficiant des explications du conférencier.

Si le public a pu voir de nombreuses signatures thermiques (vautours, vaches, brebis, lièvres, chiens, etc.), il n’a malheureusement pas aperçu de loups ce soir-là. Ceux-ci s’étaient en effet déplacés la veille et ils n’ont pas daigné venir participer à cette première. Des images de rencontre entre les loups et les troupeaux de brebis avaient été enregistrées auparavant par Jean-Luc Borelli, comparse de Jean-Marc Landry, présent sur l’alpage. Jean-Marc Landry a alors commenté ces rencontres avec ces images et d’autres issues de sa banque d’images.

Ces observations permettent de comprendre le comportement du loup… parfois bien différent de celui qu’on lui prête le plus souvent, en imaginant des attaques en meute très organisée. En fait, le loup attaque la plupart du temps de façon solitaire, certains peuvent avoir peur des brebis, d’autres passent inaperçus des chiens de garde alors que d’autres jouent avec eux. Il y a ainsi aucun réel lien avec l’idée communément admise qu’une attaque se déroule en meute très organisée.

À partir de ces observations, Jean-Marc Landry travaille sur la mise au point de stratégies et d’outils pour aider les éleveurs et éleveuses à protéger leurs troupeaux des attaques de loup (chiens de protection patous, colliers répulsifs pour éloigner les prédateurs, etc.). Au sein de son Institut pour la Promotion et la Recherche sur les Animaux de protection (IPRA), il tente de développer des solutions alternatives adaptées pour permettre une cohabitation durable entre le pastoralisme et les carnivores. Le développement de tels systèmes requière des compétences scientifiques et techniques apportées par des travaux de recherches menés par le laboratoire SYMME et d’autres laboratoires.

La conférence s’est terminée par des échanges, avec de nombreuses questions-réponses, le public s’est montré particulièrement curieux sur la question du comportement des loups. Soirée largement appréciée par l’auditoire, qui sera sans doute reconduite l’an prochain avec une nouvelle thématique.

En savoir plus

[Galerie photo Fête de la Science 2018 à l’USMB]

Contacts :

  • Laurent Tabourot, enseignant-chercheur au laboratoire SYMME
  • Pascale Balland, chargée de mission culture xcientifique à l’Université Savoie Mont Blanc