Quand les lacs enregistrent les séismes

Publié le ven 22 Jan 2016

L’évaluation de l’aléa sismique est une question cruciale mais délicate pour les sociétés, et plus particulièrement pour celles de la région grenobloise située en zone d’aléa sismique 4 (la plus haute en France métropolitaine). En particulier, il est nécessaire de retrouver des chroniques d’activité sismique bien au-delà des périodes instrumentales ou historiques pour tenter d’estimer les temps de retour de ces événements.

Dans ce contexte, des enseignants chercheurs du pôle Physique des particules, Astrophysique, Géosciences, Environnement et écologie (PAGE) et de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble (OSUG) en collaboration avec des chercheurs de Geoazur de Nice, de l’Institut de Géologie de Berne et de Chrono-Environnement situé à Besançon, ont étudié huit séquences de sédiments lacustres des Alpes occidentales dans l’objectif de retrouver des traces de mouvements en masse (sous aquatique), témoins d’évènements sismiques passés. À titre d’exemple, les séismes de Corrençon-en-Vercors (1962), de Monteynard (1963), d’Allemond (1881) et d’Uriage (1782) ont été identifiés dans les sédiments du Lac Blanc de Belledonne.

DEUX LABORATOIRES DE L’UNIVERSITÉ SAVOIE MONT BLANC IMPLIQUÉS DANS CES RECHERCHES

Aux côtés du Laboratoire d’étude des Transferts en Hydrologie et Environnement (LTHE) de Grenoble, deux laboratoires de l’Université Savoie Mont Blanc participent à ces travaux dans la continuité des recherches initiées par le Pr. Christian Beck dans les années 90 :

  • l’Institut des Sciences de la Terre (ISTerre)
  • le Laboratoire Environnements DYnamiques et Territoires de la Montagne (EDYTEM)

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Carottage du lac Blanc des Aiguilles Rouges en hiver – Crédit – EDYTEM

UNE MÉTHODE POUR VOYAGER DANS LE PASSÉ

L’étude publiée dans le “Journal of Geophysical Research Earth Surface” intitulée “Quantified sensitivity of lakes to record historic earthquakes : Implications for paleoseismology” montre que le nombre de mouvements en masse sismiquement induits varie entre les lacs d’une même région. Cela suggère que les caractéristiques intrinsèques des lacs, principalement le taux de sédimentation, contrôlent la sensibilité à l’enregistrement d’un séisme. Cette sensibilité a été quantifiée en reliant les occurrences de mouvement de masse dans les lacs à l’intensité et à la distance des séismes déclencheurs.

Cette méthode permet une approche quantitative pour estimer les localisations et les intensités des épicentres des séismes passés.

EN SAVOIR PLUS

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