« Femmes de Science » : Maria Kazakova, maîtresse de conférences au LAMA

Publié le mar 24 Fév 2026 bandeaux web mariak v2

Mettre la mer en équations

Quand Maria Kazakova parle de vagues, on oublie vite les cartes postales. Elle, elle voit surtout un mouvement à comprendre, une mécanique à traduire. Sur la plage, là où tout semble désordonné, elle repère des motifs : la houle qui arrive, la côte qui s’effrite, l’eau qui grimpe quand la tempête et la marée se liguent.

Son métier ? Mathématicienne appliquée. Son terrain ? Les vagues côtières. Elle écrit des modèles qui décrivent la dynamique de l’eau, puis elle les confie à des algorithmes. Et là, elle se pose la question qui change tout : est-ce que ça calcule assez vite pour servir à quelque chose ? Parce qu’un modèle qui met plusieurs jours à prédire le lendemain n’aide personne. Son défi, c’est donc la vitesse… et la fiabilité, pour que ces outils puissent alimenter des systèmes d’alerte et de prévision.

Maria Kazakova travaille en équipe : physiciens, ingénieurs du calcul, collègues répartis entre plusieurs villes, et a également des échanges avec des acteurs comme le Service hydrographique et océanographique de la Marine, qui relie recherche et applications (jusqu’aux partenaires météo). Un puzzle de compétences, car comprendre la mer exige de croiser les regards.

Dans son quotidien, il y a des feuilles griffonnées, des tableaux, des tests, des “ça marche / ça ne marche pas”, et ce moment délicieux où une formule colle enfin à la réalité. Elle le dit avec une simplicité désarmante : derrière les équations, il y a la vraie mer.

Côté parcours, elle situe le vrai départ de la recherche au moment où l’on n’a plus de corrigé à suivre : un stage, un premier sujet “sans solution”, des questions ouvertes, et l’apprentissage d’un métier fait d’essais, de détours et de patience.

Et les maths, “trop dures” ? Maria Kazakova lève un sourcil. Pour elle, c’est une langue : si on arrive en plein milieu, on a l’impression d’être exclu. Si on apprend dès le début, pas à pas, on finit par comprendre. C’est ce qu’elle transmet aux jeunes, filles ou garçons, avec une idée simple : la curiosité vaut déjà un très bon point de départ.

Maria Kazakova, c’est une traductrice : de la nature vers le papier, et du papier vers des outils qui, un jour, aideront à protéger nos rivages.

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