Comprendre ce qui nous fait sentir en sécurité
Marine Paucsik travaille sur quelque chose d’invisible et pourtant essentiel : le sentiment de sécurité psychologique.
Non pas la sécurité extérieure, celle des lieux ou des situations, mais celle qui se joue à l’intérieur, qui nous permet de nous sentir apaisés, en confiance, capables de nous ouvrir aux autres. Elle cherche à comprendre pourquoi certaines personnes se sentent menacées ou sur la défensive, quand d’autres trouvent plus facilement un point d’équilibre.
Pour explorer cette zone subtile, Marine Paucsik croise psychologie, biologie, et sciences sociales. Elle rassemble les connaissances existantes, identifie ce qui manque, construit avec ses collègues un modèle capable de décrire les processus qui nourrissent la sécurité interne. Puis elle teste, ajuste, creuse. Avec sa doctorante, elle étudie aujourd’hui plus finement les mécanismes cognitifs et émotionnels qui façonnent ce sentiment si déterminant dans notre vie relationnelle.
Son chemin vers la recherche n’était pas tracé.
Elle a d’abord travaillé deux ans et demi en hôpital psychiatrique. Sur le terrain, elle comprend qu’il lui manque quelque chose : du temps pour lire, réfléchir, analyser les interventions qu’elle mène. Elle garde un lien avec des chercheuses, propose d’étudier une thérapie centrée sur la compassion qu’elle utilise avec ses patients, et se voit encouragée à en faire une thèse. Le projet se construit, la bourse arrive, et Marine Paucsik trouve dans la recherche une manière d’allier clinique et réflexion, pratique et théorie.
Ce qui la passionne, c’est la diversité du quotidien.
Aucune semaine ne ressemble à la précédente : enseignement, clinique, création de projets de recherche, collaborations avec les hôpitaux, formations d’équipes soignantes… Marine Paucsik aime imaginer des dispositifs, construire des méthodologies, rassembler des expertises autour d’un même objectif. Et surtout, contribuer à des outils qui auront un impact direct sur la vie des patients.
Être une jeune femme dans ce domaine ne l’a pas freinée, mais elle voit les biais subtils : ce sourire interprété comme un manque de sérieux, cette nécessité de s’affirmer davantage, ces mécanismes inconscients qu’elle surveille avec vigilance. Rien qui ne l’empêche d’avancer, mais une charge mentale supplémentaire qu’elle identifie lucidement.
Aux étudiantes et étudiants, elle conseille une chose : voir la recherche en vrai. Faire des stages d’observation, discuter avec les doctorants, les enseignants-chercheurs, les équipes cliniques. Comprendre la diversité des missions, l’exigence mais aussi la richesse du métier. Et rester curieux, ouvert, critique.
Marine Paucsik, c’est l’histoire d’une chercheuse qui tente de comprendre ce qui nous rassure, ce qui nous apaise, et comment, un jour, cela pourrait aider concrètement celles et ceux qui en ont besoin.
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- Marine Paucsik est maîtresse de conférences au Laboratoire Inter-universitaire de Psychologie (LIP/PC2S)