« Femmes de Science » : Mylène Vonderscher, doctorante au LIBM

Publié le mar 24 Fév 2026 bandeaux web mylenev v1(1)

Faire parler les jambes, surtout quand ça monte

En montagne, il y a un moment où le corps négocie. Où les jambes disent “oui”… puis “on va en reparler”. C’est exactement ce qu’étudie Mylène Vonderscher : la fatigue musculaire, celle qui s’installe sans bruit et change tout dans notre façon de marcher, courir, grimper, descendre.

Son domaine, c’est la biomécanique, les lois de la physique appliquées au corps humain. Elle ne se contente pas de constater : “ça fatigue”, elle veut comprendre comment un muscle se fatigue et à quel rythme, notamment en pente (mais pas seulement pour les athlètes). L’idée : un modèle assez global pour fonctionner sur des profils variés et même, à terme, sur des animaux.

Concrètement, elle travaille avec des données GPS. Dans son laboratoire, elle mesure les capacités musculaires des participants, puis compare ces résultats avec ce que leurs montres enregistrent au quotidien. Son objectif : vérifier si ce que l’on mesure en conditions contrôlées est aussi correct dans la vraie vie, sans intervention. Et c’est ce qui ouvre une passerelle vers l’étude des animaux équipés de GPS en montagne, parce qu’un chamois sur tapis roulant, même avec une carotte… disons que c’est compliqué à mettre en place.

Mylène Vonderscher le dit simplement : c’est d’abord de la recherche fondamentale. Mieux comprendre le muscle, améliorer la connaissance, poser des bases solides sur lesquelles d’autres pourront ensuite travailler (santé, prévention, performance). Ce qui la fait tenir ? La variété des journées, le terrain, les données qui “parlent” enfin… et ces moments précieux où l’on parvient à voir la théorie coller au réel. Comme avec ce test surnommé “raclet”, parce que la courbe attendue ressemble à une demi-meule : le jour où elle apparaît vraiment, c’est une mini victoire.

Dans un domaine encore très majoritairement masculin, elle explique avoir évolué dans un environnement professionnel favorable. Elle souligne néanmoins le rôle essentiel des femmes en science, à la fois comme modèles pour les futures chercheuses et comme actrices de la transmission, notamment en accueillant des stagiaires et en intervenant lors de la Fête de la Science.

Ses conseils pour les jeunes est simple : allez voir, posez des questions, mettez les mains dedans, parce que la recherche, c’est aussi de l’inventivité, parfois du bricolage, souvent de la joie d’apprendre.

Mylène Vonderscher, c’est une chercheuse qui écoute ce que disent les muscles quand la pente s’invite, pour mieux comprendre le mouvement, et tout ce qu’il raconte du vivant.

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