« Femmes de Science » : Emilie Hérault, maîtresse de conférences à CROMA

Publié le mar 24 Fév 2026 bandeaux web emilieherault v2

Faire parler la matière, avec des ondes

Emilie Hérault aime l’invisible, pas celui des légendes, celui des labos. Chercheuse en physique appliquée, elle travaille en spectroscopie térahertz : une façon d’« interroger » les matériaux avec différentes longueurs d’onde, comme si on leur envoyait plusieurs couleurs, puis d’observer ce qui traverse, ce qui est absorbé, ce qui change. Dans ces réponses minuscules, elle lit une signature : composition, structure, défauts, comportements.

Cette passion vient de loin. Dès l’enfance, la science l’attire pour son côté mystérieux, révéler ce qu’on ne voit pas, et pour son côté rassurant : les lois tiennent bon, 2 + 2 fera toujours 4. Plus tard, ses études d’optique l’embarquent dans la manipulation de la lumière. Sa thèse, elle, plonge dans la conception de lasers et l’optique non linéaire : on éclaire un matériau à une longueur d’onde, et il en génère une autre. Une magie… mais parfaitement mesurée.

Ses travaux, aujourd’hui, visent le concret : développer des technologies utiles au contrôle non destructif dans l’industrie (vérifier sans casser), mais aussi à l’agronomie (mieux gérer l’eau), à la médecine et à la biologie. Elle participe également à un projet sur les réseaux de télécommunication du futur : comprendre et caractériser le canal de transmission pour faire circuler les données toujours plus vite, de façon fiable. Et, dans un autre axe, elle avance vers un nouvel œil scientifique : concevoir un microscope aux ondes térahertz.

Au quotidien, ce qu’elle préfère, c’est résoudre des énigmes : monter une expérience, tester, se tromper, recommencer, puis voir apparaître un phénomène qu’on ne pouvait pas observer autrement. Elle aime aussi le travail en équipe : se mettre à plusieurs pour comprendre « comment ça marche ».

Être une femme dans la recherche ? Emilie Hérault n’a pas eu le sentiment d’un frein majeur. Beaucoup de femmes travaillent dans le domaine de l’optique, même si les hommes restent majoritaires, et elle observe une parité qui progresse.

Aux jeunes qui hésitent, elle laisse une boussole simple : la curiosité. Ne pas se censurer, aller visiter des labos, oser essayer. C’est passionnant, différent chaque jour, et on touche des technologies que peu de gens auront la chance de manipuler, avec, en prime, de vraies passerelles vers l’industrie après une thèse.

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