« Femmes de Science » : Evelyne Gonze, professeure des universités au LOCIE

Publié le mar 24 Fév 2026 bandeaux web evelyneg v1(1)

Traquer l’invisible, réduire l’impact

Evelyne Gonze aime ce qui est concret. Son domaine : le génie des procédés appliqué à l’environnement. En clair, tout ce qui permet de traiter les pollutions (gaz et liquides), de valoriser les déchets, et surtout de comprendre, modéliser, optimiser des procédés pour limiter notre empreinte.

Son parcours n’est pas une ligne droite, plutôt une suite d’ajustements intelligents. Pendant sa thèse et jusqu’à son HDR (habilitation à diriger les recherches pour les non intimes), elle travaille sur un sujet essentiel mais souvent invisible : les résidus de stations d’épuration. Comment les réduire, les traiter, les transformer en ressource plutôt qu’en problème. Puis, avec la création du laboratoire LOCIE et l’évolution des thématiques vers le bâtiment, elle se réoriente tout en gardant le même fil rouge : des solutions techniques au service de l’environnement.

Aujourd’hui, elle s’attaque à un ennemi minuscule mais redoutable : les particules ultrafines. Celles qui, à cause de leur taille, peuvent pénétrer profondément dans l’organisme. Evelyne Gonze développe alors des procédés de filtration pour les capter, les caractériser et en réduire l’impact.

Et parce que l’air ne transporte pas que de la poussière, elle travaille aussi sur les bioaérosols, ces particules d’origine biologique, comme les virus, un enjeu devenu évident depuis la crise de la Covid-19.

Ce qu’elle aime dans son métier ? La liberté : celle de faire évoluer ses recherches au gré des enjeux, des rencontres, des envies, des circonstances. Et puis, il y a l’autre pilier : la transmission. Enseigner avec du concret, nourrir les cours par la recherche, accompagner doctorants et élèves ingénieurs, apprendre tous les jours. Le lien avec les industriels compte aussi : quand on travaille sur des sujets appliqués, le terrain enrichit autant la science que la pédagogie.

Elle n’idéalise cependant pas le système. La recherche, c’est aussi la course permanente aux financements. Mais elle choisit de voir ce que ce cadre permet malgré tout : bouger, explorer, s’adapter.

Être une femme dans la recherche ? Pour elle, pas d’obstacle direct insurmontable, mais une réalité : la conciliation vie pro / vie perso, surtout quand les enfants sont petits, peut freiner une activité de recherche. Et elle observe un déséquilibre connu : les femmes sont bien représentées à certains niveaux, beaucoup moins quand on monte dans la hiérarchie académique.

Aux jeunes qui hésitent, elle laisse une boussole simple : trouvez ce qui vous anime. Sciences ou pas sciences, l’important est là. Et pour que les sciences ne deviennent pas une barrière, surtout pour les filles, elle insiste sur un mot-clé : confiance.

Evelyne Gonze développe une recherche de terrain, attentive aux usages, aux contraintes et aux impacts réels à travers des procédés pensés pour l’environnement et nourris par la transmission.

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