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La Nuit Européenne des Chercheurs

Le 30 septembre, venez rencontrer des chercheurs à la Galerie Eurêka !

Loin du cadre institutionnel, l’université Savoie Mont Blanc a choisi le cadre insolite de l’exposition « Glaciers, une aventure scientifique » pour sa première participation à la Nuit Européenne des Chercheurs. Sous forme de mini-conférences et de présentations d’expériences, une douzaine de chercheurs investiront la Galerie Eurêka (150 rue de la République, Carré Curial, à Chambéry) le vendredi 30 septembre de 17h et 22h pour partager leurs travaux et leurs souvenirs d’aventures scientifiques de façon captivante et conviviale. 

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Au programme

Inauguration de l’exposition « Glaciers, une aventure scientifique»

A partir de 17h et durant toute la soirée, par l’exploration et l’expérimentation, découvrez, en compagnie des médiateurs de la Galerie Eurêka, à quel point les glaciers, ces géants de glace, participent à la compréhension de notre histoire et de notre environnement. L’inauguration officielle de l’exposition aura lieu à 18h.

Des mini-conférences ouvertes à tous

 

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À partir de 17h et durant toute la soirée, les chercheurs invités vous proposent d’assister à de courtes conférences dans l’une des trois salles de la Galerie Eurêka. Chaque conférence est présentée à deux reprises au fil de la soirée, et dure 30 minutes (sans inscription au préalable). Pour en savoir plus sur le contenu des conférences, déroulez le programme ci-dessous.

De la glace sous les cailloux : que nous apprend l’étude des glaciers rocheux ?
À 17h et 19h, en salle 1

Par Xavier BODIN, géomorphologue au laboratoire EDYTEM (Environnements, Dynamiques et Territoires de Montagne)

Formés de glace mélangée à la roche, les glaciers rocheux façonnent le paysage de montagne de discrètes « langues » de roche, parfois à proximité des chemins de randonnée. Leurs déplacements, bien que lent, accélères avec le réchauffement climatique, ce qui peut provoquer une déstabilisation et même des éboulements. A partir de cartes et de photos aériennes de la Vannoise, Xavier Bodin vous fera redécouvrir ces paysages familiers et leur déplacement au cours du temps.

Xavier Bodin est géomorphologue à EDYTEM. Ses recherches portent sur les dynamiques de versant associées au permafrost de montagne, et plus spécifiquement aux glaciers rocheux, principalement dans les Alpes et dans les Andes. Géographe de formation, il évolue entre des disciplines diverses, en associant des approches méthodologiques également variées, allant de la mesure et de l’observation in situ à la quantification de phénomènes par des données satellite. L’objectif de ses travaux est de comprendre comment ces masses de débris rocheux soudés par la glace que sont les glaciers rocheux, réagissent au climat : on sait déjà que le réchauffement est à l’origine de leur accélération, voire, pour certains de leur déstabilisation, mais quels sont les processus qui contrôlent ces évolutions, parfois dramatiques ?

Les paysages des Alpes d’hier étaient ceux du Groenland actuel. Balade évocatrice entre glaciers et reliefs
À 17h et 19h, en salle 3 

Par Pierre RENAU, accompagnateur en montagne, guide polaire et géomorphologue

Pierre Renau vous propose une promenade graphique mais aussi évocatrice des paysages anté-alpins puis alpins de 310 Ma à la fin de notre dernière glaciation. Les formes et les processus d’hier ici étaient les mêmes que ceux là-bas actuellement. Et rien ne décrit mieux la démarche que la phrase d’Elisée Reclus (géographe 1830-1905) : « Ce que la montagne a d’extraordinaire, c’est qu’on y lit les soubresauts de la terre ».

Pierre Renau est accompagnateur en montagne, guide polaire et géomorphologue. Travaillant en collaboration avec l’USMB, les treks qu’il guide au Groenland l’ont amené à présenter des conférences sur ce sujet avec l’œil du scientifique dans un cadre magnifique.

L’archéologie glaciaire dans les Alpes
À 17h et 19h, en salle 2

Par Eric THIRAULT et Valentin LAFONT, enseignant-­chercheur et doctorant au laboratoire Archéorient.

La découverte en 1991 d’Ötzi, une momie âgée de 5 000 ans dans un glacier autrichien est à l’origine d’une nouvelle discipline scientifique, l’archéologie glaciaire. L’accélération de la fonte des glaciers libère de plus en plus de vestiges révélant de nouvelles connaissances. Quels sont les programmes de recherche et les principales découvertes dans les Alpes et notamment en Savoie ?

Eric Thirault est Professeur de Préhistoire à l’Université Lumière Lyon 2 et membre du laboratoire ArAr”Archéologie & Archéométrie”. Spécialisé sur les systèmes techniques du Néolithique, il travaille sur les échanges de biens et les industries minières préhistoriques. Dans les Alpes, ses travaux actuels portent sur les peuplements montagnards selon une approche transchronologique, écologique et systémique. Il s’intéresse en particulier aux passages de cols et dirige depuis 2018 une mission annuelle de prospection sur les cols englacés en Savoie.

Valentin Lafont  est doctorant en archéologie à l’université Lyon 2 associé au laboratoire Archéorient de la MOM. Ses recherches portent sur les sociétés néolithiques de Provence et des Alpes. Il étudie leurs outils en pierre qui ont servi en broyant, abrasant et percutant, comme les meules, les polissoirs, les percuteurs, etc. Il s’intéresse également aux mobilités des populations préhistoriques et aux circulations des matières premières entre le 6ème et le 4ème millénaire avant notre ère.

Après la fonte … naissance et développement des écosystèmes post-glaciaires
À 17h30 et 19h30, en salle 1

Par Jérôme POULENARD, enseignant-chercheur au laboratoire EDYTEM

La fonte des glaciers est une évidente perte mais elle s’accompagne aussi de la naissance de nouveaux écosystèmes terrestres. Nouveaux sols, nouveaux microorganismes, puis nouvelles plantes… Et en vieillissant, des changements de compositions, des évolutions des biodiversités, des successions… C’est cette histoire de la naissance d’un écosystème de montagne après la fonte que nous raconterons pendant la nuit des chercheurs. 

Jérôme Poulenard est professeur de Sciences des sols à l’Université Savoie-Mont Blanc et est affecté au laboratoire EDYTEM (Environnement DYnamique et TErritoire de la Montagne). Il étudie l’histoire et le fonctionnement des sols en zone de montagne. Il travaille notamment depuis une dizaine d’année sur les écosystèmes se développant sur les marges post-glaciaires dans les Alpes mais aussi dans les Andes. 

Les couvertures de glace des parois de haute montagne, un patrimoine glaciologique menacé
À 17h30 et 19h30, en salle 2

Par Ludovic RAVANEL, directeur de recherche CNRS au laboratoire EDYTEM et membre de la Compagnie des Guides de Chamonix

Dans les Alpes, de petits glaciers moins connus sont nichés dans de raides parois, à des altitudes élevées. Il peut s’agir de glaciers suspendus lorsque leur front est raide et laisse se détacher de dangereux séracs. Souvent proches d’eux ou plus isolées, on trouve également des “couvertures glacio-nivales”. Étudiées seulement depuis quelques années, elles sont une condition majeure pour la pratique de l’alpinisme et participent à l’attrait paysager de la haute montagne. Malgré leur haute altitude, ces masses de glace fondent rapidement, faisant disparaître de la glace de plusieurs milliers d’années qui a pourtant beaucoup de choses à nous apprendre !

Ludovic Ravanel est Directeur de Recherche CNRS au laboratoire EDYTEM et membre de la Compagnie des Guides de Chamonix. Cette double casquette lui permet d’appréhender les évolutions de la haute montagne à partir de nombreuses mission et travaux sur le terrain. Il est en particulier spécialiste des déstabilisations rocheuses qui se produisent en raison du réchauffement du permafrost ainsi que des glaciers présents sur les parois raides de haute altitude. Une part conséquente de ses activités est dédiée à la vulgarisation scientifique.

Tourisme et activités récréatives dans un monde en déglaciation
À 17h30 et 19h30, en salle 3

Par Emmanuel SALIM, post-doctorant à l’Université de Lausanne

Le changement climatique entraîne une évolution de la haute montagne qui influence directement les activités touristiques et récréatives qui s’y déroulent. Comment ces changements transforment-ils ces pratiques ? Quelles (mal)adaptations se développent ? Quelles influences sur les comportements individuels ? Ce sont tant de questions qu’Emmanuel Salim tentera de vous répondre.

Passionné par les pratiques de montagne, Emmanuel Salim a réalisé un master puis une thèse de doctorat en géographie à l’Université Savoie-Mont-Blanc sur la thématique de l’évolution du tourisme glaciaire face au changement climatique. Ses travaux actuels au sein de l’Université de Lausanne poursuivent cette démarche en interrogeant l’influence du changement climatique sur les activités touristiques et récréatives et sur les stratégies d’adaptation et d’atténuation mises en œuvre.

De la nécessité pour la recherche académique d’être vertueuse environnementalement
À 20h et 21h, en salle 1

Par Nicolas CHAMPOLLION, chargé de recherche à l’IGE (Institut des Géosciences de l’Environnement)

L’évolution du climat liée aux activités humaines engendrera durant le 21ème siècle des changements profonds de l’environnement et de nos sociétés. La recherche scientifique académique a permis de mettre en évidence ces relations entre activités humaines et évolution du climat, des écosystèmes, mais à quel prix ? En effet, les chercheur.es ne sont pas exempt d’impact environnemental dans leurs activités professionnelles. Ainsi, Nicolas Champollion montrera dans cet exposé quelles peuvent être les émissions associées aux activités scientifiques, et comment depuis quelques années les scientifiques s’emparent de ces questions et agissent ! Et cela au travers d’exemples (astrophysique, activités polaires) et d’initiatives nationales (Labos1point5, Ma Terre en 180 Minutes).

Nicolas Champollion est chargé de recherche au département de Glaciologie, à l’Institut des Géosciences de l’Environnement (Campus de Saint Martin d’Hères). Il simule les glaciers de montagnes. Ses travaux de recherche portent en particulier sur des simulations simplifiées du bilan de masse de surface et de la dynamique glaciaire pour une application à l’échelle de l’ensemble des glaciers terrestres et pour estimer leur évolution future, avec l’utilisation d’outils et de données de calibration/validation en libre accès. Il mène également des travaux sur les changements de pratique dans l’enseignement supérieur et la recherche afin de réduire son empreinte carbone.

Des satellites espions au service de l’observation de la Terre et des glaciers
À 20h et 21h, en salle 2

Par Amaury DEHECQ, chargé de recherche à l’IGE

Les images satellites sont aujourd’hui disponibles à foison, telles que celles visibles sur Google Earth ou fournies par l’Agence Spatiale Européenne. Mais bien avant ces satellites civils, de nombreuses missions satellitaires ont été opérées dans le plus grand secret par les États-Unis ou l’Union soviétique depuis 1959. Leur objectif : repérer les bases militaires et la puissance balistique du bloc opposé. Près de 40 ans après, ces images ont été déclassifiées et représentent un potentiel énorme pour observer les changements à la surface de la Terre. Dans cet exposé, Amaury Dehecq vous présentera ces images, leurs caractéristiques exceptionnelles et le défi de travailler avec ces données historiques. Nous verrons comment ces images peuvent être utilisées pour documenter la fonte des glaciers sur 40 ans et plus généralement les modifications profondes des surfaces continentales.

Amaury Dehecq est chargé de recherche à l’Institut des Géosciences de l’Environnement sur le campus de Saint Martin d’Hères. Il étudie l’évolution des glaciers sur les dernières décennies à partir de méthodes de télédétection (images satellitaires ou aéroportées notamment). Ses travaux l’ont conduit à travailler pour la NASA, mais également à parcourir les glaciers des Alpes, de l’Himalaya ou d’Amérique du Nord. Sa passion aujourd’hui : fabriquer une machine à remonter le temps, en exploitant des archives d’images historiques depuis les années 1900.

Les glaciers alpins révélés par les cartes anciennes
À 20h et 21h, en salle 3

Par Christophe GAUCHON, enseignant-chercheur au laboratoire EDYTEM

Les cartes anciennes et actuelles racontent l’évolution des connaissances sur les milieux glaciaires et sur les fluctuations des glaciers. Paradoxalement, si les glaciers ont retenu l’attention des voyageurs dans les Alpes au moins depuis le 16e siècle, leur cartographie a posé problème aussi longtemps que l’on ne s’aventurait pas à leur proximité : d’où des premières représentations très lacunaires. Mais au fur et à mesure que la connaissance de la haute montagne enregistre des progrès, les glaciers seront cartographiés de plus en plus précisément, et parfois avec des innovations techniques qui se diffuseront par la suite aux milieux rocheux. Aujourd’hui, la question se pose de cartographier le recul glaciaire… 

Christophe Gauchon, professeur de Géographie à l’USMB, est spécialiste des mondes souterrains et des patrimoines montagnards. Ses travaux portent aussi sur l’histoire des sciences géographiques. 

L’invisible agonie des glacières karstiques
À 20h30 et 21h30, en salle 1

Par Fabien HOBLEA, enseignant-chercheur au laboratoire EDYTEM

Les glacières souterraines, que l’on trouve (ou trouvait…) dans nos montagnes calcaires à partir de 1400 m d’altitude, sont le résultat d’un fragile équilibre qui permet la formation de glace dans des grottes naturelles. Fragilisées par le réchauffement climatique, ces glacières ont toutes tendance à fondre. Alors que les plus basses ont même déjà disparu dans leur forme permanente, de grandes glacières bien connues des spéléologues et des scientifiques sont devenues méconnaissables. Leur forte réactivité en font de précieux marqueurs des effets du réchauffement climatique. De plus, au-delà de la perte d’un patrimoine scientifique et paysager, leur agonie fragilise la tenue des glaces moulées dans les cavités, ce qui peut constituer un danger pour les visites spéléologiques. C’est pourquoi leur évolution fait l’objet de suivis menés par les scientifiques et les spéléologues. Fabien Hoblea vous présentera plusieurs exemples issus des Préalpes savoyardes pour mieux vous faire connaître ces mini-glaciers souterrains dont la disparition rapide est bien moins médiatisée que celle de leurs grands frères de surface. 

Fabien Hobléa, géographe et enseignant-chercheur en géomorphologie et spéléo-karstologie au laboratoire EDYTEM de l’Université Savoie Mont Blanc. Il étudie les grottes savoyardes (Bauges, Chartreuse…) et pratique la spéléologie au spéléo-club de Savoie depuis 1984, il a participé à plusieurs expéditions d’exploration géographique et spéléologique dans les karsts lointains des régions chaudes (Papouasie-Nouvelle-Guinée, Mexique, Indonésie) ou plus froides (Sibérie, Patagonie chilienne). Il est impliqué de longue date dans les conseils scientifiques du Parc naturel régional et de la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux de Chartreuse et dans celui du parc naturel régional et Géoparc Mondial UNESCO du massif des Bauges, ainsi que dans celui du Géoparc du Chablais, autant de territoires qui recèlent des glacières étudiées pour mesurer les effets du réchauffement climatique. 

Comment ausculter l’intérieur des montagnes ? Imagerie du froid, de la glace et de l’eau par la géophysique
À 20h30 et 21h30, en salle 2

Par Pierre-Allain DUVILLARD, géomorphologue et géophysicien chez STYX4D

Le permafrost (ou pergélisol) est un état thermique par définition. Il peut être observé avec des mesures thermiques ou des forages coûteux. Ces deux méthodes sont invasives et ne fournissent que des informations limitées dans l’espace. Pierre-Allain Duvillard présentera comment la géophysique permet de détecter et surveiller le permafrost des montagnes grâce à des mesures non invisibles et rapides, parfois même dans des pentes vertigineuses !

Géomorphologue & Géophysicien chez STYX4D, Pierre-Allain Duvillard est spécialiste de l’imagerie du permafrost. Après une thèse et quelques années de chercheur au laboratoire EDYTEM (CNRS / USMB), il réalise des expertises au service des gestionnaires ou de la recherche pour la visualisation du permafrost dans les Alpes et au Groenland.

Des glaciers aux lacs, le grand voyage des microplastiques
À 20h30 et 21h30, en salle 3

Par David GATEUILLE, enseignant-chercheur au laboratoire EDYTEM.

Nos déchets plastiques se retrouvent partout. Invisibles à l’œil nu, les microplastiques contaminent même les lacs en altitude. Mais d’où peuvent-ils venir ? Suivez David Gateuille dans cette enquête pour retracer le voyage des microplastiques en montagne depuis les lacs en passant par les glaciers.

David Gateuille est enseignant chercheur à EDYTEM. À la sortie de l’école d’ingénieur en hydraulique de Grenoble, il se destinait à travailler avec les rivières qu’il aime tant. Mais sa thèse sur les transferts de polluant organique l’a amené, en 2019, à intégrer l’étude d’EDYTEM sur les microplastiques en montagne. Il travaille sur les lacs d’altitude et y étudie la présence de microplastique.

Cette soirée s’inscrit également dans le cadre de l’événement Unight, coordonné par l’alliance d’universités européennes UNITA.

Pour en savoir plus

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