« Femmes de Science de l’USMB » – Virginie Pinel, chercheuse à l’ISTerre

Publié le mer 6 Mar 2019

Virginie Pinel, Chargée de Recherche IRD à l’Institut des Sciences de la Terre (ISTerre), spécialiste en volcanologie physique et en télédétection

Née dans les Alpes et fascinée par la montagne, Virginie développe un intérêt pour les Sciences de la Terre dès l’enfance en ramassant des fossiles d’animaux marins… à 1500 m d’altitude. Après une classe préparatoire au Lycée du Parc à Lyon, elle intègre l’École Normale Supérieure de Lyon et s’inscrit naturellement au département des Sciences de la Terre. Durant son master, elle effectue un stage de 3 mois à la Carnegie Institution for Sciences à Washington DC, pour analyser, par spectroscopie, des inclusions fluides provenant du manteau terrestre et piégées dans des diamants. Puis, elle rejoint l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) où elle effectue sa thèse et s’initie au domaine de la volcanologie physique sous la houlette de Claude Jaupart.

Pendant sa thèse intitulée “Construction et destruction d’un édifice volcanique : conséquences pour le transport et le stockage du magma”, Virginie développe des modèles théoriques de transport de magma sous un édifice volcanique, tout en voyageant en Sicile, en Islande, dans la chaîne américaine des Cascades ou sur l’île d’Hawaii. Ensuite, souhaitant se tourner vers les observations, elle effectue un post-doctorat financé par le Centre National des Études Spatiales (CNES) en travaillant sur l’application des données radar satellitaires à l’étude des volcans. Elle arrive ensuite à Chambéry en octobre 2004, suite à son recrutement à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). En 2012, elle soutient son Habilitation à Diriger des Recherches et dirige actuellement l’équipe de Géophysique des volcans basée à Chambéry.

Depuis son arrivée à l’Université Savoie Mont Blanc (USMB), Virginie tient à participer aux enseignements dispensés par l’UFR Sciences et Montagne. Elle co-encadre ainsi plusieurs thésards dont certains sont des étudiants étrangers. Son statut de chercheur IRD l’amène à développer des collaborations avec des Pays du Sud où elle effectue des séjours longs, comme au Mexique ou en Indonésie. Elle participe à la valorisation des données de télédétection mises à disposition dans le cadre du programme Européen Copernicus en promouvant leur utilisation dans les observatoires volcanologiques.

Dans le cadre de ses recherches, Virginie poursuit son effort de développement de modèles numériques de transport de magma enfin d’améliorer l’interprétation des observations géophysiques enregistrées sur les volcans (sismicité et déformations). Ces modèles permettent en particulier d’estimer le champ de contrainte régnant dans les édifices volcaniques et de tenter de prévoir la localisation et le timing des futures bouches éruptives. Dans le cadre de la thèse de Mary-Grace Bato, elle commence à appliquer les techniques d’assimilation de données couramment utilisées en météorologie pour la prévision des intempéries au domaine de la volcanologie. Cette approche permet d’améliorer la prédiction des éruptions grâce à une intégration optimisée des modèles dynamiques et des observations faites en « temps réel » dans le cadre de la surveillance des volcans actifs. Récemment, Virginie s’attelle également à l’interprétation des données extra-terrestres en travaillant sur le magmatisme lunaire.

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