Entorses du genou au ski : le LIBM innove pour leur prévention

Publié le sam 10 Fév 2018

Au Laboratoire Inter-universitaire de Biologie de la Motricité (LIBM) de l’Université Savoie Mont Blanc, des chercheuses, chercheurs épaulés par des doctorantes et doctorants mènent des travaux de recherche pour trouver comment réduire le risque de blessures au genou en ski.

Chaque année en France, 150 000 personnes se blessent parmi les huit millions de skieuses et skieurs. La blessure la plus fréquente est l’entorse du genou dans un tiers des cas. Et cette blessure est devenue un objet de recherche scientifique. Au LIBM (Université Claude Bernard Lyon 1, Université Jean Monnet, Université Savoie Mont Blanc), des chercheuses et chercheurs se sont lancés depuis quatre ans dans une recherche exceptionnelle pour trouver comment réduire le risque de blessures au genou en ski. Dans un tiers des cas d’entorse du genou, c’est le réglage des fixations de skis qui est en cause.

“Les fixations doivent répondre à deux contraintes. Tout d’abord, elles doivent maintenir le skieur sur le ski et elles doivent aussi être capables de se déchausser dans certaines situations”, explique Frédérique Hintzy, chercheuse au LIBM.

Une fois le poids, la taille et le niveau du skieur connus, les professionnels se rapportent à un tableau de normes datant de 2006 pour savoir comment serrer les fixations. L’objectif des chercheuses et chercheurs est d’analyser si ces normes sont toujours valables aujourd’hui. Pour cela, ils testent un nouveau dispositif ultra sophistiqué, avec quatre capteurs placés à l’avant et à l’arrière de la chaussure. Un ordinateur peut alors enregistrer les forces, c’est-à-dire les contraintes mécaniques pendant que le skieur descend les pistes. Seuls les chercheuses, chercheurs et les championnes, champions de ski ont eu le privilège de tester cet appareil issu d’une recherche coûteuse financée par un célèbre équipementier, Salomon, et la Fédération française de ski.

C’est la première fois que des chercheuses et des chercheurs font des tests sur le terrain en conditions réelles. La norme de 2006 était, elle, uniquement basée sur des tests en laboratoire sur des mannequins. Les résultats du capteur sont analysés à l’université. Ils n’ont plus rien à voir avec l’ancienne norme. Grâce à ces nouvelles mesures, les chercheuses et chercheurs veulent trouver le parfait équilibre dans le réglage des fixations : ne pas déchausser en skiant mais déchausser facilement en cas de chute pour éviter le risque d’entorse.

À terme, ils espèrent même créer le ski du futur. Enfin, dernière ambition : améliorer l’entraînement des athlètes, des plus beaux virages, une meilleure descente… ces nouvelles fixations pourraient booster les performances des championnes et champions de ski.

À propos du projet de recherche du LIBM

En savoir plus

[Retrouver la vidéo et le reportage] de la rédaction d’Allodocteurs, une émission télévisuelle de France 5

Contact : Frédérique Hintzy