Prix de Thèse 2018 de la ComUE UGA pour un doctorant du LAPTh

Publié le jeu 7 Juin 2018

Tout comme Manon Bajard, doctorante au laboratoire EDYTEM, Vivian Poulin, doctorant au Laboratoire d’Annecy-le-Vieux de Physique Théorique (LAPTh) fait partie des lauréats du Prix de Thèse 2018 de la Communauté Université Grenoble Alpes (ComUE UGA).

LAURÉATS ET  LAURÉATES DU PRIX DE THÈSE 2018 DE LA COMUE UGA

Le jury du Collège doctoral, composé des vice-présidents et vice-présidentes « recherche » des établissements de la Communauté Université Grenoble Alpes, des directeurs et directrices des écoles doctorales et de personnalités extérieures, a désigné les 7  lauréats  et lauréates du Prix de thèse 2018 parmi les 23 docteurs et docteures sélectionnées par les écoles doctorales de la ComUE UGA, ayant tous soutenu leur doctorat au cours de l’année 2017.

Les travaux récompensés se distinguent par leur excellence et les progrès qu’ils représentent pour la connaissance en répondant à un ou plusieurs des critères suivants : innovation, interdisciplinarité, contribution à la compréhension des phénomènes de société.

AUTOUR DE LA THÈSE DE VIVIAN POULIN

Dans le cadre de sa thèse en co-tutelle entre le Laboratoire d’Annecy le vieux de Physique Théorique (LAPTh) de l’USMB et l’université allemande d’Aix-la-Chapelle (RWTH Aachen), Vivian Poulin a mené des travaux de recherche autour des signatures gravitationnelles et électromagnétiques de particules massives en cosmologie.

À travers la cosmologie, il est possible de décrire la structuration et l’évolution de l’Univers depuis le Big Bang et prédire ce qu’il adviendra de lui dans le futur. Il existe de nombreuses observations corroborant le modèle cosmologique. Celle-ci a révélé l’existence d’une nouvelle forme de matière appelée matière noire, qui dépasse la compréhension des composantes fondamentales de l’Univers. Il est estimé qu’il y a cinq fois plus de matière noire que de matière standard dans l’Univers, et sa composition reste à être découverte.

L’enjeu du travail de thèse de Vivian a été de développer des méthodes pour révéler la nature de la matière noire à travers son influence sur les observables cosmologiques existantes. Dans un premier temps, il a caractérisé l’impact purement gravitationnel de certains modèles de matière noire, c’est-à-dire comment ceci peuvent modifier la structuration des galaxies aux très grandes échelles et peuvent empêcher l’existence de certains objets astrophysiques immenses. Dans un second temps, il s’est intéressé aux modèles de matière noire ayant cette fois-ci des signatures électromagnétiques : en injectant des photons et des électrons, la matière noire peut briser les atomes qui se forment juste après le Big Bang et qui composent les étoiles (hydrogène, hélium, lithium), ainsi qu’affecter les nombreux photons du plasma originel qui sont mesurés aujourd’hui grâce à des satellites comme Planck. Il a montré que les observables cosmologiques peuvent permettre de détecter la dynamique temporelle des espèces qui composeraient la matière noire.

Sa thèse a donné lieu à huit articles de recherches publiés dans des revues internationales à comité de lecture (Physical Review et le Journal of Cosmology and Astroparticle Physics). À la fin de sa thèse, le mystère de la matière noire n’est toujours pas résolu mais il a pu contraindre un peu plus sa nature. De nombreuses expériences, sensibles aux différents effets qu’il a étudiés, verront le jour dans le futur. Il sera alors essentiel de développer ces calculs encore plus loin afin de lever le voile de manière définitive sur cet étonnant et passionnant mystère qu’est la matière noire.

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